yet I (...) gathered old mummy wheat
In the mad abstract dark and ground it grain by grain
And after baked it slowly in an oven

W.B. Yeats, On a Picture of a Black Centaur by Edmund Dulac
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Forty black stoneware bottles are exhibited on the wall on shelves covered with cloths. Their wax-covered mouths suggest that their opening must be an intentional – and irreversible – act. Indeed, these bottles enclose a liquid – beer – whose main ingredient is anything but renewable: wheat from the 3rd century A.D. that was recovered in 1884 by Gaston Maspéro, an eminent French Egyptologist, as he excavated the necropolis of Akhmim that he had just discovered.

A popular drink in ancient Egypt, beer was drunk for millennia by all the kingdom’s social classes. It was brewed for immediate consumption, whereas the bottles on display here will preserve their contents for years to come. For this batch, the ancient wheat “ triticum dicoccum”, the oldest to be cultivated by mankind) was blended with its contemporary equivalent and a mixture of Egyptian spices and honey.

The bottles, too, are unique: each one was handmade by a ceramicist and marked with the symbol of the Ouroboros (the Greek name for the snake consuming its own tail) that encircles the phrase “The One is All”. This drawing was copied from a manuscript by Zosimos of Panopolis, a major alchemist and the first whose existence is historically attested. In a remarkable coincidence, this author likely consumed the wheat on which this beer is based, since he lived in the area during the exact period that the grains were harvested.

As Zosimos wrote, “Everything intertwines and everything moves. Everything mixes and everything recomposes. Because nature, once turned, turns against itself. Such is the character of the excellence of all the universe and itsconnections.”  In this way, through unfathomable paths, this wheat picked in the 3rd century fulfils its destiny in 2020.
Beer (3rd century A.D. emmer wheat from Akhmim-Panopolis [Egypt], blended with hops, emmer wheat, yeast, as well as dukkah, honey, and fennel from contemporary Egypt), 16 litres, 6°C.
Brewed by Arthur Farina at the Brewery Bapbap (Paris).
Bottles (stamped stoneware, stopper, wire cap, wax),
25 cm, 19 x 6.5 cm, moulded by ceramicist Sylvain Berst.
Shelf, cotton sheet, 16 x 22 x 17 cm.
Signed and numbered /40, artist’s editions /7.


Mais moi, je ramassais (…) des antiques momies le blé
Dans le noir abstrait, démentiel, et grain par grain
Je l’ai moulu, et lentement je l’ai fait cuire au four.

W.B.Yeats, Sur un centaure noir d’Edmund Dulac
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Quarante bouteilles de grès noir sont exposées au mur sur des tablettes recouvertes de nappes. Leur goulot fermé par de la cire suggère que leur ouverture doit être intentionnelle, et sera irréversible. Elles renferment en effet un liquide (de la bière) dont l’ingrédient principal n’est pas renouvelable: du blé du IIIe s. ap. J-C, prélevé par l’éminent égyptologue français Gaston Maspéro en 1884 dans la nécropole d’Akhmîm qu’il venait de découvrir.

Boisson la plus populaire à l’époque en Égypte, la bière était bue depuis des millénaires par toutes les classes sociales. Elle n’était pas destinée à être conservée, au contraire de celle que nous avons réalisée. Pour cette cuvée, le blé antique (de la plus ancienne espèce cultivée par l’humanité, « Triticum dicoccum ») a été mélangé à la même variété contemporaine et à des épices et du miel égyptiens.

Uniques aussi par leur fabrication, façonnées chacune par un céramiste, les bouteilles ont été marquées du symbole de l’« Ouroboros » (nom grec du serpent qui se mange la queue) enveloppant la phrase « Le Un est le Tout »; ce dessin provient d’un manuscrit de Zosime de Panopolis, auteur alchimique majeur et le premier dont l’existence est avérée. Coïncidence remarquable, ce dernier a probablement consommé de notre blé, car il a vécu à l’époque exacte et dans la ville même où la céréale a été semée.

Tel que Zosime l’énonce, « Tout s’enlace et tout se déplace. Tout se mélange et tout se recompose. Car la nature retournée se retourne elle-même. Tel est le caractère de l’excellence de tout l’univers et sa connexion. » Ainsi, par des voies impénétrables, s’accomplit le destin de ce blé récolté dans les années 200 et finalement transmuté en 2020.

Bière (blé amidonnier du IIIe siècle d’Akhmîm-Panopolis [Égypte], mélangé avec orge, blé amidonnier, levure, ainsi qu’avec dukkah, miel et fenouil égyptiens contemporains), 16 litres, 6° c.
Brassée par Arthur Farina à la Brasserie Bapbap (Paris).
Bouteilles (grès estampillé, bouchon, muselet, cire), 25 cl, 19 x 6,5 cm, réalisées par le céramiste Sylvain Berst.
Tablette, drap (coton) 16 x 22 x 17 cm.
Signées et numérotées /40, E.A.  /7.