Léa Chauvel-Lévy (Press release, aug 2016 )
(Imago Mundi, Galerie Schultz, Berlin)

For a long time, a single principle governed the world. God created all that man enjoyed, and He created man in his image. A multitude of decenterings and movements of thought have challenged this single causal explanation, and transcendence has assumed new forms. If God does not exist, is (secular) art one such trace of this lost transcendence?
With each of his exhibitions, Gabriel Leger puts this precarious balance between rational and spiritual conceptions of the world back into play to reveal its inherent tensions.
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Benoît Blanchard (Œuvres-revue.net, mai 2016)
(Solve+Coagula, Galerie Sator, Paris)

En alchimiste du doute, Gabriel Leger conçoit des artefacts figés, dans l’attente d’un moment d’oubli où se déverser totalement. Car il sont poreux et tiennent en eux prisonnier une question lancinante. Une question qui, quand on l’aborde, ne cesse de s’évanouir et de reparaître avec un nouveau visage, chaque fois chargé d’humeurs et d’intuitions différentes, d’esprit, de temps volé, mais aussi de mort et de ses succédanés que ressuscite la mémoire des objets que l’on déterre au hasard d’un labour de printemps.
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Léa Chauvel-Lévy (Communiqué de presse, avr 2016 )
(Solve+Coagula, Galerie Sator, Paris)

Les œuvres de Gabriel Leger possèdent un esprit. Au sens latin du terme spiritus, du verbe spirare, souffler. Aussi, pourrait-on dire que les créations, réunies ici pour cette exposition, sont toutes chargées d’un souffle. En elles, circule une certaine idée de la vie. S’il fallait la définir, on regarderait du côté de la pensée chinoise dont le qi, souffle vital, accompagne la naissance et la mort, se renouvelle en permanence dans le corps et se manifeste en son sein par les fonctions de mouvement et de transformation.
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Pascal Bernard (Paricultures, juin 2015 )
(Fétiche, Galerie Sator, Paris)

Il y a des expositions qui vous laissent indifférent, d’autres qui vous marquent profondément.
L’exposition Fétiche, présentée du 10 avril au 31 mai 2014 à la galerie Sator, faisait assurément partie de la deuxième catégorie.
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Léa Chauvel-Lévy (Slash Magazine, avr 2014 )
(Fétiche, Galerie Sator, Paris)

Fixité, immuabilité, le sentiment d’éternité est entre les mains de Gabriel Leger. Pour figer une image du réel, il a comme allié le bitume qui recouvre et étouffe jusqu’à interdire tout mouvement. Immortalisées, anéanties, certaines parcelles du monde deviennent ainsi ses proies. Où le bitume, matériau toxique joue le rôle d’une flèche qui en viendrait à bout.
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Philippe Dagen (Le Monde, avr 2014 )
(Fétiche, Galerie Sator, Paris)

Gabriel Leger aime le danger. Il a peint ses dernières œuvres avec du bitume, qui, employé avec dextérité et méthode, offre des nuances
variées de bistre, ocre, brun, noir et des lumières luisantes ou poudrées.
Leger en tire des effets visuels et tactiles voluptueux. Mais ses œuvres vont bien au-delà, tissées de références subtiles ou scabreuses à l'Egypte ancienne, au naufrage du Titanic ou au fétichisme érotique des hauts talons. Quand il y a des mots, ils sont pris à Nietzsche ou Brecht. Ainsi glisse-t-on à l'improviste du plaisir visuel à des réflexions désenchantées.

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Centre Culturel Suisse (Le Phare, fev-avr 2013 )
(Pour le livre microMEGA)

microMEGA est la preuve qu’il est encore possible, de nos jours, d’autoproduire des livres. C’est ce qu’ont fait les trois membres du studio franco-genevois Paper! Tiger!
Le résultat est malin et très bien fini. Ce petit livre a deux faces: une verte pour micro, des hommes construisant des maquettes et des modèles réduits; et une bleue pour MEGA, des hommes construisant des architectures, objets et engins démesurés.
En reprenant une sélection d’images tirées de numéros d’une revue de bricolage et de vulgarisation scientifique, le livre apporte une réflexion sur les rapports entre l’homme et la science, la nature, la technologie, le progrès et la modernité.

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Philippe Dagen (Le Monde, avr 2012 )
(Les décisions importantes sont prises ailleurs, Galerie Sator, Paris)
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Les œuvres de Gabriel Leger semblent avoir pour unique point commun d'être sur papier. Des tracés fins et précis, dessin d'ingénieur impassible, voisinent avec des fusains très noirs et grotesques.
Les uns sont des reports au carbone repris et modifiés, dans le sens de l'absurde. Les autres sont des têtes vaguement familières, mais que l'on ne reconnaît pas pour autant. D'autres encore reprennent des illustrations pédagogiques des années 1950 ou 1960 qui ont pour Leger, né en 1978, un charme désuet.
Assez vite néanmoins, on voit mieux ce qui peut réunir tous ces travaux: l'oscillation de son auteur entre son affection nostalgique pour ces images et l'ironie avec laquelle il ne peut s'empêcher de les regarder et de les travestir. Elles datent du temps où il était possible de croire au progrès et à ses bienfaits — possible de se fier aux utopies.
Aussi, après les avoir trouvés plutôt comiques, finit-on par considérer ces dessins d'un œil plus soupçonneux, comme quelques pièces à conviction du procès qui est fait désormais à l'idée de modernité. C'est dire qu'il y a en eux les éléments visuels d'une réflexion plus grave qu'il n'y paraît d'abord.

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Archéologie du capitalisme by Gabriel Leger
Céline Piettre (ArtInfo, nov 2012 )
(ECHOES, Jeune Création, Centquatre, Paris)

Gabriel Leger recycle des iconographies passées qu’il réassemble en des fresques surréalistes griffonnées de commentaires. Pour Jeune Création, il redonne vie au magazine américain Popular Mechanics, revue de vulgarisation scientifique à visée idéologique, traduite en France entre 1945 et 1968 dans un contexte de guerre froide. L’imagerie devient une archive mystérieuse, une archéologie science-fictionnelle qui rappelle les univers de J.G. Ballard. Trempés dans du bitume (encore frais et dégoulinant), des disques vinyles accompagnent les pages de magazine, fossiles vivants de l’économie du disque. Avec Gabriel Leger, les tubes d’Elvis et de Roy Orbison passent pour des vestiges de l’âge d’or du capitalisme, aussi prospère que polluant.